Catégorie : Spectacles

La parole seule / La voix humaine

La parole seule / La voix humaine

Concert avec Clara Inglese

Mise en scène de Delphine Salkin

Représentation le 15 Novembre 2021 au Théâtre des Martyrs à Bruxelles
Dans le cadre du Festival Ars Musica
Production Ars Musica et Lettres en voix

Programme
Francis Poulenc (La Voix humaine)
Lukas Ligeti (La Parole seule)

Avec
Clara Inglese (soprano)
Charly Delbecq (piano)
et l’Ensemble Hopper
Rudy Mathey (clarinette)
Roxane Leuridan (violon)
Ian-Elfinn Rosiu (violoncelle)
Rémi Lafosse (percussions)

Mise en scène
Delphine Salkin

Splendeur

Splendeur

de Abi Morgan, traduction Daniel Loayza

Création le 21 janvier 2020 au Théâtre de Sénart et à partir du 28 janvier au Théâtre 71 Malakoff

mise en scène de Delphine Salkin,
avec Christiane Cohendy, Roxanne Roux, Laurence Roy et Anne Sée

PRÉSENTATION

MICHELEINE – femme du dictateur

Du culot. Elégante. Un verre posé quelque part. Jamais très loin.

GENEVIEVE – son amie

Paraît s’être habillée en toute hâte. Cheveux mouillés, tenant son sac à main, les joues encore rougies par le froid extérieur. En train de retirer son écharpe comme si elle venait d’entrer.

KATHRYN – journaliste

Plongée dans la contemplation d’un tableau.

GILMA – sa traductrice

La mi-vingtaine. Moins bien habillée. 

Dans un palais résidentiel d’un pays d’Europe de l’est, quatre femmes attendent le retour du dictateur chez lui.

Elles parlent de Toy Story, de sacs Prada, de vodka-piment, du tableau qu’a peint le mari de l’une d’entre elles… Elles n’en pensent pas moins. Dehors la neige tombe, la guerre civile se rapproche.

Et le dictateur n’arrive toujours pas…

SPLENDEUR, OU LE MYSTÈRE DES VOIX 

MULTIPLES 

Quatre femmes. La flamboyante épouse d’un dictateur. Une veuve, sa meilleure amie. Une jeune traductrice séparée de son fiancé. Et une photographe solitaire, venue de loin et ignorant la langue du pays. Chacune, qu’elle le sache ou non, a un rang à tenir, un personnage à jouer. Quelque chose à cacher aux autres, ou à se cacher.

L’occasion qui les rassemble : la photographie d’un portrait officiel. Elles attendent. Elles se parlent. S’observent, s’épient, se mentent. Et se souviennent… 

Mêlant les temps et les points de vue, ce quadruple portrait dramatique a la subtilité musicale d’un quatuor avec thème et variations. Il est signé Abi Morgan, l’une des scénaristes et dramaturges les plus en vue du monde anglo-saxon. 

Texte Abi Morgan
Traduction, dramaturgie Daniel Loayza
Mise en scène Delphine Salkin
Assistée de Kelly Gowry
Son et compositions musicales Pascale Salkin
Lumières Daniel Lévy
Images et vidéo François Gestin
Costumes, scénographie Clémence Kazémi
Travail corporel Marion Lévy
Maquillage Sylvie Cailler
Assistante costumes Amélie Hagnerel
Construction décor Florent Fouquet, Philippe Evrard (Atelier Théâtre-Sénart)
Peinture Pelléas et Mélisande David Géry
Régie générale et plateau Jean Grison
Régie lumières Aurore Beck
Régie son Vincent Bonnet

Production déléguée Théâtre-Sénart, Scène nationale 

Coproduction Compagnie NoNuMoï / Théâtre-Sénart, Scène nationale / MC2 Grenoble / Théâtre de L’Archipel, Scène nationale de Perpignan / MA scène nationale – Pays de Montbéliard / MCB° – Maison de la Culture de Bourges, Scène nationale / Le Manège – Scène nationale Maubeuge / Théâtre 71, Scène nationale de Malkoff

Avec la participation artistique du Jeune théâtre national

Logo Jeune théâtre national

Avec l’aimable concours du Parc Instrumental de l’Orchestre national d’Ile de-France

Ce texte est lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques

Artcena
Abi Morgan est représentée en Europe Francophone par Marie Cécile Renauld, MCR Agence Littéraire.

Remerciements au Théâtre de l’Odéon

SPLENDEUR, OU LE MYSTÈRE DES VOIX MULTIPLES

Splendeur est une matière à jeu assez extraordinaire. Chaque comédienne doit puiser dans l’ensemble de sa palette. Tantôt ces femmes se disent la vérité, tantôt elles se mentent (peu à peu, la vérité prend le dessus). Tantôt elles se situent dans l’instant présent (celui de l’occasion à saisir, ou du simple réflexe de survie), tantôt elles envisagent le sens de toute leur existence, voire leur position dans l’Histoire. Certains moments sont incarnés au premier degré. D’autres sont des commentaires en aparté sur ce que le personnage ressent, ou sur ce qu’il observe chez les autres. D’autres encore sont des récits, tantôt rétrospectifs (nous découvrons alors les racines cachées qui nourrissent le moment actuel), soit même prospectifs (nous entrevoyons alors sur quoi débouchera plus tard cette actualité, cette dernière après-midi à laquelle nous assistons, et qui s’avère être décisive).

Tous ces modes de jeu, intérieur ou extérieur, direct ou distancié, adressé ou non au public, concret ou stylisé, interfèrent ensemble au présent. Les récits, par exemple, ne se font pas au passé. C’est bien à une sorte d’étrange « sur-présent », à l’invention d’un super-temps théâtral que nous assistons. Un temps à la fois mental et objectif, intime et public. A la mise en commun (entre elles et avec nous) des souvenirs, des impressions, des réflexions de ces quatre femmes qui s’observent, se jaugent, se devinent et finissent par se comprendre et révéler leur vérité.

Touche par touche, nuance par nuance, l’image se fait plus précise. Chacune d’elles se fait mieux connaître. C’est comme l’apparition d’une photo, d’abord floue plus de plus en plus détaillée, dans un bain de révélateur. Ou comme la contemplation d’un tableau, où l’on ne distingue d’abord qu’un fouillis de lignes quasi abstraites, avant de voir s’organiser les plans et les figures, et d’interpréter enfin l’intention profonde de l’artiste.

Ou encore, comme la reconstitution d’un précieux vase brisé à partir de ses fragments. Ces fragments sont tranchants, brillants, à manipuler avec précaution. Ensemble, ils gardent le souvenir de leur forme première, qui ne sera jamais reconstituée. Mais tous ces éclats de cristal, à force d’être examinés encore et encore, deviennent ici comme les pièces d’un kaléidoscope mouvant où le fantôme du vase semble réinventé, un peu plus vivant à chaque combinaison.

Cette photo, ce tableau, ce vase se trouvent dans Splendeur. L’une des femmes, Kathryn, une journaliste, est venue prendre cette photo chez Micheleine. Une autre, Geneviève, est la veuve d’un artiste qui a peint ce tableau pour Micheleine. Quant à Gilma, la quatrième, elle a tenu, tient et tiendra entre ses mains ce fameux vase, ramené de Venise par Micheleine…

Une photo chez Micheleine. Un tableau pour Micheleine. Un vase de Micheleine. Tout paraît tourner autour d’elle. C’est vrai. Mais Splendeur fait de chaque rôle un centre en soi. Quel cadeau pour les interprètes. Delphine Salkin a su réunir, pour ce quatuor, une distribution exceptionnelle. Le 19 mars 2018, en version resserrée pour une lecture publique au théâtre de l’Athénée, la joie de jouer de Christiane Cohendy, Manon Combes, Clotilde Mollet et Anne Sée et était plus que palpable. Elle était communicative, rayonnante. Elle éclairait, illuminait le texte pour tous les spectateurs présents.

Grâce à elles, je commence à connaître Splendeur. J’ai hâte de voir la suite.

Daniel Loayza, 24 mars 2018

Abi Morgan

Copyright Sarah Lee -To be used or reproduced only with express permission from photographer/ copyright holer [tel: 07930392407] Abi Morgan, playwright, writer. my media For Portrait of the Artist

Création au Théâtre Sénart (janvier 2020)

Intérieur Voix

Intérieur Voix

Première Création Décembre 2015
Deuxième Création Décembre 2019 au Théâtre du Rideau de Bruxelles

Un spectacle de et avec Delphine Salkin, Pierre Sartenaer, Raymond Delepierre et Isabelle Dumont

Collaboration et conseils artistiques : Stéphane Olivier et Daniel Loayza.
Scénographie, accessoires, costumes : Catherine Somers

Création lumières : Daniel Lévy
Création et montage sonore : Raymond Delepierre
Images vidéo : François Gestin et Delphine Salkin

Lorsqu’on perd la voix – plusieurs années -, on se rend compte à quel point elle nous était naturelle et combien on faisait corps avec elle. On se rend compte de sa valeur, de ses ressources et des joies d’en disposer. La retrouver a été une des émotions les plus fortes de ma vie et je tiens à la partager.

Delphine Salkin

SEPT ANS DE MALENTENDUS. MAL ENTENDUE.

« En 2001, alors que j’interprète à Montréal le rôle d’Athéna dans l’Orestie d’Eschyle, je sens soudain ma voix se briser. Mais je la récupère en quelques secondes. Puis le lendemain, la même chose se produit. En fait je n’y avais même pas prêté attention. Ce sera plus tard que je me souviendrai de ces premiers signes de ma voix qui me lâchait… Après ces deux dernières représentations de notre tournée québécoise, c’était en 2001, j’ai perdu vraiment la voix : aphone comme on dit… Je ne savais pas encore que c’était là le début d’une série d’épreuves qui me conduiraient deux opérations plus tard, à vouloir témoigner d’une expérience difficile et douloureuse : celle de la perte de ma voix qui a duré 7 ans. »

Delphine Salkin est allée à la rencontre de professionnels de la voix, qu’ils soient du domaine médical ou artistique, elle a accumulé des matériaux sonores et visuels, surprenants, drôles, instructifs.

Avec ce spectacle, elle retrouve le chemin du plateau et a imaginé, avec ses partenaires, la chronique d’une voix perdue et retrouvée. Comme un hommage à la beauté fragile de la voix, de toutes les voix.

« Ce que j’ai perdu en premier, c’est la communication. Ce qui m’était naturel et particulièrement facile, ne l’était plus. J’ai perdu mon travail – ce qui était lié. J’étais comédienne. Ce qui devait être passager – deux ans selon les témoignages recueillis- dans mon cas a duré 7 ans et même davantage si on y ajoute les deux années de rééducation orthophonique. 10 ans de ma vie semblent avoir été socialement effacées.

Durant toutes ces années, je me demandais comment une telle chose avait pu m’arriver et comment sortir de ce cauchemar. J’éprouvais un isolement difficile à exprimer (et pour cause) car les autres et même mes proches ne mesuraient pas l’étendue de mon problème. J’avais perdu la voix, et avec elle ma vie sociale, mon autonomie financière, la légèreté de la communication avec les amis, le boulanger, le conducteur du bus. Même chantonner sans y penser m’était impossible… Les relations s’envolaient me faisant disparaître des écrans sociaux. En perdant ma voix, j’avais perdu mon métier : le théâtre. »

« Perdre sa voix. Perdre sa voix lorsqu’on est acteur. Et la perdre durant sept ans. Comme frappé par un sortilège. Delphine Salkin nous invite à parcourir avec elle le sentier qui l’a menée à perdre et à retrouver cette chose si intime et si universelle à la fois. La voix nous apparaît comme une évidence. Ce n’est que si elle nous est retirée que nous prenons pleinement conscience de son caractère précieux. La voix, c’est la parole, c’est le chant, c’est comme un don des dieux. Le voyage de Delphine au pays sonore devait fatalement aboutir au Rideau de Bruxelles, théâtre où la parole occupe une place centrale. »
Michael Delaunoy,
Directeur du Rideau de Bruxelles
Chaque voix humaine est unique. Elle est notre visage sonore. Qu’est-ce que ses blessures peuvent trahir ou raconter ? « Absolument charnelle, entièrement psychique, telle est la voix, toujours à la limite du corps et de l’esprit, de l’intime et du social, du soi et du monde. La voix s’enracine dans le corps et s’en échappe. De toutes les substances corporelles, elle est l’émanation la plus intense. Parler ou chanter, c’est s’adresser à quelqu’un, se faire connaître dans sa présence, sa souffrance, son interrogation ou sa volonté. »
Lydia Flem
extraits de LA VOIX DES AMANTS, Seuil, 2000

ARCHIVES
Différentes étapes de création

A GENNEVILLIERS EN 2009/10 : ÉCRITURE ET PREMIÈRES RÉPÉTITIONS

Octobre 2010 :
présentation d´une première étape de travail dans le cadre des “Produits frais” à la MDC (Maison du Développement Culturel) après 10 jours de répétitions et de recherches sonores.

Avec : Michel Cochet, Isabelle Dumont, Debra Reynolds, Violaine Bartélemy.
Administration : Isabelle Canals

Produits-fraisIntérieur-voix

AU NOUVEAU THÉÂTRE DE MONTREUIL EN JANVIER 2011

Après 15 jours de répétitions :
maquette présentée pour les professionnels : Installation déambulatoire visuelle et sonore puis 45 minutes de spectacle mis en scène par Delphine Salkin.

Avec Michel Cochet, Isabelle Dumont, Debra Reynolds, Violaine Bartélemy.
Lumières : Georges Lavaudant
Création sonore du spectacle et de l’installation : Pascale Salkin et Delphine Salkin.
Compositions musicales : Pascale Salkin.
Création vidéo : François Gestin et Delphine Salkin.
Montage et régie vidéo : François Gestin.
Administration : Isabelle Canals

PREMIÈRE CRÉATION À BRUXELLES EN 2015

Affiche_Interieur_Voix

A reçu en 2015 le Prix de la presse belge de la meilleure création artistique et sonore (2014) en Belgique.

La création documentaire radiophonique a été nominée au Prix Europa (Berlin) en 2012

PRESSE

Une voix, c'est une présence. Une voix, c'est une identité. C'est une séduction, c'est une façon d'attraper l'autre, de toucher l'autre. Une voix c'est un sens. En la perdant, j'avais l'impression de perdre le monde 

Vidéo télévision émission théâtres-moi

Sous la ceinture

Sous la ceinture

de Richard Dresser – Traduction Daniel Loayza

Un spectacle de Delphine Salkin, avec Olivier Cruveiller, Jean-Philippe Salério, François Macherey

RÉSUMÉ DE LA PIÈCE

Trois hommes dans une parabole satirique, un huis-clos où l’hilarité et la vivacité, loin de nuire à la gravité du propos, lui donneraient plutôt un relief inattendu.

Quelque part au milieu d’un désert, un nouveau venu – Dobbitt – vient prendre son poste de Vérificateur et fait la connaissance de son collègue Hanrahan, avec lequel il lui faudra partager une chambre. Hanrahan voit d’emblée en Dobbitt un rival et le traite comme tel.

A ses yeux, il est essentiel de le dégoûter tout de suite, afin que Dobbitt se décide, et le plus tôt sera le mieux, soit à repartir, soit à se suicider (il semble que tel ait été le triste sort du prédécesseur de Dobbitt).

Dans ce but, Hanrahan déploie d’entrée de jeu des trésors d’odieuse mauvaise foi, de méchanceté, de mesquinerie humiliante, de logique psychotique, et peu s’en faut que ses efforts pour rendre l’autre fou ne soient couronnés de succès.

De son côté, Dobbitt est plutôt du genre conciliant. Pour son propre bien comme pour celui de la compagnie, il se montre toujours prêt à y mettre du sien, à faire un geste pour éviter tout conflit, étouffer dans l’œuf les équivoques malsaines et ne pas être pris pour un lèche-bottes hypocrite et ambitieux. Bien entendu, leur supérieur hiérarchique, le glauque Merkin, trouve autant de plaisir que d’intérêt à souffler sur les braises.

Que faire d’autre, dans ce désert anonyme, pour passer le temps ?

CRÉATIONS ET REPRISES

Créé le 29 janvier 2013 au TNBA (jusqu’au 9 février)
Repris du 16 au 27 avril 2013 au Théâtre Varia à Bruxelles,
les 22 et 23 novembre 2013 au Théâtre 95 (Cergy Pontoise)
et du 1er au 11 avril 2014 au Théâtre des Célestins.

Metteur en scène : Delphine Salkin
Scénographie : Barbara de Limburg
Création sonore et compositions musicales : Pascale Salkin
Création Lumière : Daniel Lévy
Création costumes : Catherine Somers
Traduction et conseils dramaturgiques : Daniel Loayza
Administration : Isabelle Canals

Avec :
Olivier Cruveiller – Jean-Philippe Salério – François Macherey

Coproduction : TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, Théâtre 95 à Cergy Pontoise
Avec l’aide à la création du Centre National du Théâtre et l’aide à la création de la Spedidam pour sa bande originale

Avec le soutien du Théâtre Varia à Bruxelles, de l’Odéon – Théâtre de L’Europe et du Théâtre de Gennevilliers

L’Auteur est représenté dans les pays de langue française par l’Agence MCR, Marie Cécile Renauld, Paris en accord avec The Gersh Agency, New York.

Le texte de la pièce est publié aux Éditions Actes Sud-Papiers.

EXTRAIT DU SPECTACLE

Théâtre Varia à Bruxelles

Théâtre 95 à Cergy-Pontoise

Théâtre Les Célestins à Lyon

Leçon d’anatomie

Leçon d’anatomie

de Larry Tremblay

conception : Nathalie Brücher / mise en scène : Delphine Salkin
avec : Nathalie Brücher et la participation de Michel Cochet

RÉSUMÉ

Martha, une éminente scientifique qui enseigne le béhaviorisme à l’université, se détache de Pierre. Elle entreprend de disséquer leur relation, comme elle a disséqué des grenouilles, mais à vouloir ouvrir le corps de cet amour déchu, elle devient l’objet même de cette dissection.

Traversant la folie, frôlant la mort, elle devra perdre une part physique d’elle-même pour parvenir à se reconstruire, sans avoir jamais perdu ni sa verve, ni son humour.

Scénographie : Salvatore Puglia
Lumières : Daniel Lévy
Création sonore : Antoine Chao
Création vidéo : François Gestin
Musique : Philippe Poirier

Maquillage : Sylvie Cailler
Costumes : Muriel Lemaître
Administration : Isabelle Canals

EXTRAIT

MARTHA + PIERRE

Cet homme est mon mari
entre nous deux il y a une histoire
mais j’ai mon histoire à moi
qui n’est pas la sienne

le temps est important pour moi
le temps mais non les dates les chiffres
les arrêts cardiaques qui veulent stopper le temps
moi je file
lui non
il s’est figé
vous le voyez debout mais profondément
il est assis
il n’est pas aussi intelligent
que son visage pourrait le faire croire
j’en ai des preuves
notre histoire m’en a suffisamment données
mais comment être juste
comment ne pas être pire que l’autre
pire que lui
je tiens à être sincère
sinon pourquoi ouvrir la bouche
mon mari s’appelle Pierre

Je m’appelle Martha.
je déteste ce nom
il ne me va pas
rien en moi n’est compatible
avec ce que je suis
mes parents ont fait une erreur monstrueuse
en me donnant ce nom de femme
j’aurais voulu qu’on me donne un nom de fille
comme Isabelle Luce ou Annie`
Martha est une chose molle
qui semble s’étendre dans l’espace
coller au plancher

Nous avons donc
ici Pierre
et là Martha
entre les deux un verbe
aimer

BIOGRAPHIE DE LARRY TREMBLAY

Larry Tremblay est écrivain, metteur en scène, acteur et spécialiste de kathakali, danse-théâtre qu’il a étudiée lors de nombreux voyages en Inde. Il a publié une vingtaine de livres comme auteur dramatique, poète, romancier et essayiste. Il compte parmi les auteurs dramatiques québécois les plus joués et les plus traduits. La publication récente de Talking Bodies (Talonbooks, 2001) regroupe quatre de ses pièces traduites en anglais (dont Leçon d’anatomie).

Grâce à une succession ininterrompue de nouvelles pièces (Leçon d’anatomie, Ogre, The Dragonfly of Chicoutimi, Le Génie de la rue Drolet, Les Mains bleues, Téléroman, Cornemuse, Panda Panda, l’Histoire d’un coeur…), son oeuvre continue d’être reconnue internationalement. Depuis le début de l’année 2006, A Chair in Love sera le quatrième texte de Larry Tremblay présenté sur scène à Montréal, après Trois secondes où la Seine n’a pas coulé, l’Histoire d’un cœur et La Hache (dont il a aussi assuré la mise en scène au Théâtre de Quat’Sous.)

Ses pièces, créées pour la plupart à Montréal, ont été jouées dans plus d’une dizaine de pays. Ainsi en 2001, sa pièce Le Ventriloque, a connu trois productions différentes : à Paris, à Bruxelles et à Montréal. La production montréalaise, dans une mise en scène de Claude Poissant, récoltait six nominations au Gala des Masques, dont celle du meilleur texte original, et remportait le Masque de la production Montréal. Le Ventriloque, déjà traduit en plusieurs langues, a été joué récemment à Turin, Mexico et Toronto. Larry Tremblay est l’un des écrivains québécois les plus versatiles du Québec. Il a publié en 2002 un roman chez Leméac, salué unanimement par la critique : Le Mangeur de bicyclette (finaliste au Prix du Gouverneur général ). En 2006, il publait un recueil de récits chez Gallimard : Piercing. Il recevait la même année le prix Victor-Martin-Lynch-Stanton en théâtre pour l’ensemble de son oeuvre, décerné par le Conseil des Arts du Canada. Il est professeur à l’École supérieure de théâtre de l’Université du Québec à Montréal où il enseigne le jeu et l’écriture dramatique.