La parole seule / La voix humaine

La parole seule / La voix humaine

Concert avec Clara Inglese

Mise en scène de Delphine Salkin

Représentation le 15 Novembre 2021 au Théâtre des Martyrs à Bruxelles
Dans le cadre du Festival Ars Musica
Production Ars Musica et Lettres en voix

Programme
Francis Poulenc (La Voix humaine)
Lukas Ligeti (La Parole seule)

Avec
Clara Inglese (soprano)
Charly Delbecq (piano)
et l’Ensemble Hopper
Rudy Mathey (clarinette)
Roxane Leuridan (violon)
Ian-Elfinn Rosiu (violoncelle)
Rémi Lafosse (percussions)

Mise en scène
Delphine Salkin

Je suis Nijinski

Je suis Nijinski

de et avec Mathilde Laroque

« Je suis Nijinski » est un récit théâtral et chorégraphique, entre fiction et réalité, où je révèle ma vie de femme et danseuse, dont le chemin m’a mené sur les pas de Vaslav Nijinski (1889-1950), sûrement comme tant d’autres. Ce qui rend unique cette rencontre est le contexte dans lequel elle a émergé, le processus de changement qu’elle a enclenché, les liens qu’elle a tissés et ce qu’elle est devenue aujourd’hui : un mockumentaire, réunissant sur scène les présences d’un corps, de voix, d’objets et d’images qui se répondent. Il y est question d’amour et de folie, de chute et suspension, de sourires et de sauts, de sensualité et de guerres… 

Quand les histoires individuelles entrent en scène et se déplacent vers une dimension d’héritage collectif, on sait pourquoi la culture est essentielle. Ce duo avec le spectre de Nijinski est une invitation à regarder le passé pour comprendre le présent et mieux anticiper le futur. Il convoque des souvenirs, des témoignages, des archives, des faits d’actualité, sur un ton qui laisse place à l’imaginaire et qui interpelle les spectateurs dans leur propre façon de regarder le monde.

Mathilde Laroque

Toutes les infos :
http://www.madewithheartasbl.com/productions/

DATES :
Le 4 mai 2021 au Delta à Namur à 19h
18 avenue Fernand Golenvaux 5000 Namur
https://www.ledelta.be

Les 11 et 12 juin 2021 au Quai 41 à 18.30
http://quai41.be

Splendeur

Splendeur

de Abi Morgan, traduction Daniel Loayza

Création le 21 janvier 2020 au Théâtre de Sénart et à partir du 28 janvier au Théâtre 71 Malakoff

mise en scène de Delphine Salkin,
avec Christiane Cohendy, Roxanne Roux, Laurence Roy et Anne Sée

PRÉSENTATION

MICHELEINE – femme du dictateur

Du culot. Elégante. Un verre posé quelque part. Jamais très loin.

GENEVIEVE – son amie

Paraît s’être habillée en toute hâte. Cheveux mouillés, tenant son sac à main, les joues encore rougies par le froid extérieur. En train de retirer son écharpe comme si elle venait d’entrer.

KATHRYN – journaliste

Plongée dans la contemplation d’un tableau.

GILMA – sa traductrice

La mi-vingtaine. Moins bien habillée. 

Dans un palais résidentiel d’un pays d’Europe de l’est, quatre femmes attendent le retour du dictateur chez lui.

Elles parlent de Toy Story, de sacs Prada, de vodka-piment, du tableau qu’a peint le mari de l’une d’entre elles… Elles n’en pensent pas moins. Dehors la neige tombe, la guerre civile se rapproche.

Et le dictateur n’arrive toujours pas…

SPLENDEUR, OU LE MYSTÈRE DES VOIX 

MULTIPLES 

Quatre femmes. La flamboyante épouse d’un dictateur. Une veuve, sa meilleure amie. Une jeune traductrice séparée de son fiancé. Et une photographe solitaire, venue de loin et ignorant la langue du pays. Chacune, qu’elle le sache ou non, a un rang à tenir, un personnage à jouer. Quelque chose à cacher aux autres, ou à se cacher.

L’occasion qui les rassemble : la photographie d’un portrait officiel. Elles attendent. Elles se parlent. S’observent, s’épient, se mentent. Et se souviennent… 

Mêlant les temps et les points de vue, ce quadruple portrait dramatique a la subtilité musicale d’un quatuor avec thème et variations. Il est signé Abi Morgan, l’une des scénaristes et dramaturges les plus en vue du monde anglo-saxon. 

Texte Abi Morgan
Traduction, dramaturgie Daniel Loayza
Mise en scène Delphine Salkin
Assistée de Kelly Gowry
Son et compositions musicales Pascale Salkin
Lumières Daniel Lévy
Images et vidéo François Gestin
Costumes, scénographie Clémence Kazémi
Travail corporel Marion Lévy
Maquillage Sylvie Cailler
Assistante costumes Amélie Hagnerel
Construction décor Florent Fouquet, Philippe Evrard (Atelier Théâtre-Sénart)
Peinture Pelléas et Mélisande David Géry
Régie générale et plateau Jean Grison
Régie lumières Aurore Beck
Régie son Vincent Bonnet

Production déléguée Théâtre-Sénart, Scène nationale 

Coproduction Compagnie NoNuMoï / Théâtre-Sénart, Scène nationale / MC2 Grenoble / Théâtre de L’Archipel, Scène nationale de Perpignan / MA scène nationale – Pays de Montbéliard / MCB° – Maison de la Culture de Bourges, Scène nationale / Le Manège – Scène nationale Maubeuge / Théâtre 71, Scène nationale de Malkoff

Avec la participation artistique du Jeune théâtre national

Logo Jeune théâtre national

Avec l’aimable concours du Parc Instrumental de l’Orchestre national d’Ile de-France

Ce texte est lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques

Artcena
Abi Morgan est représentée en Europe Francophone par Marie Cécile Renauld, MCR Agence Littéraire.

Remerciements au Théâtre de l’Odéon

SPLENDEUR, OU LE MYSTÈRE DES VOIX MULTIPLES

Splendeur est une matière à jeu assez extraordinaire. Chaque comédienne doit puiser dans l’ensemble de sa palette. Tantôt ces femmes se disent la vérité, tantôt elles se mentent (peu à peu, la vérité prend le dessus). Tantôt elles se situent dans l’instant présent (celui de l’occasion à saisir, ou du simple réflexe de survie), tantôt elles envisagent le sens de toute leur existence, voire leur position dans l’Histoire. Certains moments sont incarnés au premier degré. D’autres sont des commentaires en aparté sur ce que le personnage ressent, ou sur ce qu’il observe chez les autres. D’autres encore sont des récits, tantôt rétrospectifs (nous découvrons alors les racines cachées qui nourrissent le moment actuel), soit même prospectifs (nous entrevoyons alors sur quoi débouchera plus tard cette actualité, cette dernière après-midi à laquelle nous assistons, et qui s’avère être décisive).

Tous ces modes de jeu, intérieur ou extérieur, direct ou distancié, adressé ou non au public, concret ou stylisé, interfèrent ensemble au présent. Les récits, par exemple, ne se font pas au passé. C’est bien à une sorte d’étrange « sur-présent », à l’invention d’un super-temps théâtral que nous assistons. Un temps à la fois mental et objectif, intime et public. A la mise en commun (entre elles et avec nous) des souvenirs, des impressions, des réflexions de ces quatre femmes qui s’observent, se jaugent, se devinent et finissent par se comprendre et révéler leur vérité.

Touche par touche, nuance par nuance, l’image se fait plus précise. Chacune d’elles se fait mieux connaître. C’est comme l’apparition d’une photo, d’abord floue plus de plus en plus détaillée, dans un bain de révélateur. Ou comme la contemplation d’un tableau, où l’on ne distingue d’abord qu’un fouillis de lignes quasi abstraites, avant de voir s’organiser les plans et les figures, et d’interpréter enfin l’intention profonde de l’artiste.

Ou encore, comme la reconstitution d’un précieux vase brisé à partir de ses fragments. Ces fragments sont tranchants, brillants, à manipuler avec précaution. Ensemble, ils gardent le souvenir de leur forme première, qui ne sera jamais reconstituée. Mais tous ces éclats de cristal, à force d’être examinés encore et encore, deviennent ici comme les pièces d’un kaléidoscope mouvant où le fantôme du vase semble réinventé, un peu plus vivant à chaque combinaison.

Cette photo, ce tableau, ce vase se trouvent dans Splendeur. L’une des femmes, Kathryn, une journaliste, est venue prendre cette photo chez Micheleine. Une autre, Geneviève, est la veuve d’un artiste qui a peint ce tableau pour Micheleine. Quant à Gilma, la quatrième, elle a tenu, tient et tiendra entre ses mains ce fameux vase, ramené de Venise par Micheleine…

Une photo chez Micheleine. Un tableau pour Micheleine. Un vase de Micheleine. Tout paraît tourner autour d’elle. C’est vrai. Mais Splendeur fait de chaque rôle un centre en soi. Quel cadeau pour les interprètes. Delphine Salkin a su réunir, pour ce quatuor, une distribution exceptionnelle. Le 19 mars 2018, en version resserrée pour une lecture publique au théâtre de l’Athénée, la joie de jouer de Christiane Cohendy, Manon Combes, Clotilde Mollet et Anne Sée et était plus que palpable. Elle était communicative, rayonnante. Elle éclairait, illuminait le texte pour tous les spectateurs présents.

Grâce à elles, je commence à connaître Splendeur. J’ai hâte de voir la suite.

Daniel Loayza, 24 mars 2018

Abi Morgan

Copyright Sarah Lee -To be used or reproduced only with express permission from photographer/ copyright holer [tel: 07930392407] Abi Morgan, playwright, writer. my media For Portrait of the Artist

Création au Théâtre Sénart (janvier 2020)

Une sieste en ville

Une sieste en ville

Poèmes extraits de Cheville ouvrière de Guillaume Deloire entrecoupés d’autres poèmes :

  • Les fenêtres de Baudelaire
  • Il pleure dans mon coeur de Verlaine
  • Autumn de T.E. Hulmes
  • La perte de Mia Kodak
  • The walk de Thomas Hardy – selection de Oliver Tearle
  • Trois Haïkus de Mia Kodak
  • Le crépuscule du soir de Baudelaire
  • Sensation de Rimbaud

Une proposition de Delphine Salkin
Réalisation Martin Troadec et Delphine Salkin

Avec les voix de Guillaume Deloire, Debra Reynolds, Pascale Salkin, Delphine Salkin et Olivier Ythier.
Et les voix de Robin Williams (Le cercle des poètes disparus) et Cocteau (1960), Pierre Seghers (1969) – archives Ina.

Musique à l’accordéon de Friedrich Bassarak
Musiques Rolling waves et Children de Pascale Salkin.
Musiques et ambiances musicales de Pascale Salkin.

Let’s party

Let’s party

23, 24 et 25 mai 2019 au Théâtre de la MDC à Gennevilliers
 
Mise en scène de Pascale et Delphine Salkin
Montage et régie lumières de Yannick Herbert
Création sonore et régie de Pascale et Delphine Salkin
Scénographie et costumes de Martial Joly

Cet absent-là

Cet absent-là

de Camille Laurens

Mise en scène et adaptation Delphine Salkin, Création sonore Delphine Salkin et Zoé Tabourdiot, Création musicale ponctuelle Pascale Salkin, Lumières Daniel Lévy, Scénographie Clémence Kazémi, Vidéo et projections photographiques  Zoé Tabourdiot, Collaboration  sonore   Martin Troadec

avec Natacha Régnier

Création : saison 22/23

Résidences de travail saison 21/22 entre Paris et Bruxelles.

Lectures publiques prévues à la saison 21/22 :

  • Le 28 novembre 2021 à 18h30 dans la salle de théâtre de La Tricoterie à Bruxelles
  • Le 17 mars 2022 à 17h au Théâtre Marni à Bruxelles

L’amour est toujours à première vue, car si on n’aimait pas, on n’aurait rien vu.

Ce projet est né d’une envie commune de travailler ensemble, Natacha Régnier et moi, et de nous retrouver autour de l’écriture de Camille Laurens. Nous nous sommes rencontrées avec Camille aussi, nous nous sommes concertées et ainsi est née cette véritable collaboration à trois.

Durant le premier confinement, plutôt que d’écrire un dossier de production, je me suis mise au travail sur le texte de Cet absent-là (disponible chez Folio) en créant des « capsules » sonores brèves sous le titre « L’amour suspendu ». Tirées du texte, elles ont été réalisées à partir d’avril 2020 et diffusées comme une sorte de journal poétique du confinement sur le site Soundcloud : https://soundcloud.com/delphine-salkin/sets/lamour-suspendu-confinement/s-IjYl2EkwfaF
(voir plus d’infos sur cette page) 

Cela m’a permis d’entamer la collaboration avec Camille et Natacha et d’explorer une certaine façon de mettre en sons et en jeu son texte. Chemin faisant, j’ai toujours eu présent à l’esprit un objectif proprement théâtral : faire entendre ce texte magnifique à un public. Le laisser émerger et résonner en l’entourant de divers éléments. Rendre les absents présents par un environnement sonore et visuel apparaissant par bouffées, par bribes.

Pour Camille, l’écriture de son texte s’est ouverte sur une référence à L’Éducation sentimentale de Flaubert, pour dire l’apparition de l’amour. Toute apparition implique aussi une disparition, un effacement.

Cet absent-là est le récit, la rêverie ou la confidence d’une femme hantée par la disparition.
Celle d’un enfant dramatiquement perdu, d’un être aimé qui échappe.
Celle de l’amour.

Une femme nous raconte les absents de sa vie et nous renvoie à l’absence qui habite l’existence de chacun d’entre nous.
Au fil de mots qui s’appuient sur des « figures » – des images photographiques dont les contours semblent eux aussi disparaître – nous entrons dans le labyrinthe d’une pensée inattendue, élégante et profonde qui nous retrace la silhouette floue, parfois précise, d’une vie passée, mais aussi les traits d’un amour à venir, à vivre.

Il m’est apparu que ce texte met en suspend des moments de vie, comme un arrêt sur image et qu’il s’agit toujours de questionner l’amour. L’amour naissant, l’amour possible, l’amour à l’arrêt, l’amour disparu.

Je tiens à créer un voyage sonore et visuel. J’aimerais collaborer avec un photographe plasticien qui pourrait travailler à partir d’un support essentiellement photographique mais qui serait ensuite projeté en scène. Tout comme le livre de Camille Laurens est né de sa collaboration avec un photographe lui ayant proposé des « figures », projection de photographies toujours un peu floues, en mouvement et née de superpositions de projections.

Les apports d’images feront contrepoint aux mots de Camille Laurens portés par la voix de Natacha en scène. Nous utiliserons un micro HF finement réglé afin de pouvoir mobiliser certains effets sonores ponctuels. La voix, au besoin amplifiée, pourra ainsi résonner dans un espace sonore qu’elle fera surgir comme un paysage. On peut se faire une idée de la façon dont ces espaces évocatoires se déploient par l’audition des « capsules » dont j’ai parlé plus haut.

Nous allons inventer un dispositif scénique qui viendra servir cette écriture photographique. Chaque texte est en effet découpé comme si nous avions des clichés qui deviennent visibles sous nos yeux dans un bain de révélateur avant de se dissoudre à nouveau dans le noir. Comme autant de remémorations, d’apparitions qui surgissent puis s’estompent dans l’oubli. Le spectacle sera construit selon ce rythme, pour nous emmener dans le monde d’une pensée sensible qui  s’élabore et d’un amour qui se découvre.

Un amour qui disparaît, lui aussi.

Delphine Salkin, 22 juin 2020